Camille Thomas et son violoncelle, Stravinsky et son Pétrouchka 10 décembre 2022

Kazuki Yamada, chef d’orchestre – Belgian National Orchestra – Camille Thomas, violoncelle

Dans une lettre adressée à Benjamin Britten, le célèbre violoncelliste Mstislav Rostropovich insiste : « Écrivez pour le violoncelle tout ce que votre cœur vous dit, peu importe la difficulté, l’amour que je vous porte m’aidera à maîtriser chaque note, même les plus impossibles ». Il n’en fallait pas plus pour que celui-ci se mette à composer pour cet instrument, sitôt son War Requiem achevé. Dans cette Symphonie pour violoncelle en quatre mouvements, le violoncelle et l’orchestre font jeu égal.  La Symphonie pour violoncelle de Britten – qui n’est pas sans rappeler la Sinfonia Concertante de Prokofiev – a été créée à Moscou en 1964, avec Rostropovich au violoncelle.

Après le formidable succès de L’Oiseau de feu, premier ballet de Stravinsky, le compositeur russe et l’impresario Diaghilev envisagèrent une nouvelle collaboration, un projet qui se concrétisa avec le ballet en quatre actes Petrouchka. L’œuvre raconte l’histoire d’un « triangle amoureux » entre trois mystérieuses poupées  (Petrouchka, la Ballerine et le Maure), une lutte passionnée dont Petrouchka sortira vaincu. Musicalement, ce ballet est marqué par l’utilisation du système bitonal. La musique de Stravinsky est jouée simultanément sur deux tons, ce qui donne des accords étranges et dissonants.  Les critiques ont vu dans l’affrontement entre les tonalités le reflet des déchirements de l’âme de Petrouchka.

Grand Manège - Namur Concert Hall, Rue Rogier, Namur, Belgique

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