La magie italienne et le Beethoven français 29 octobre 2022

Belgian National Orchestra – Roberto González-Monjas, conductor Raphaela Gromes, cello

« Respighi n’est pas un élève, mais un maître ! » Tel fut le verdict du jury du Liceo Musicale di Bologna lors de l’examen final que le jeune Ottorino présenta au début du 20e siècle. Il est vrai que pour cette oeuvre, il avait bien exploité  quelques cours de composition dispensés par Nikolai Rimski-Korsakov, qu’il avait rencontré à Saint-Pétersbourg.

Un maître dans la composition de concertos, c’est également ainsi que l’on peut qualifier Camille Saint-Saëns. En 1872, il avait déjà à son actif trois concertos pour piano et deux concertos pour violon lorsqu’il se lança à l’âge de 37 ans dans l’écriture de son Concerto pour violoncelle n°1. C’est sous l’influence de Liszt qu’il le composa en un mouvement dont le thème d’ouverture est répété de manière cyclique. « La forme est l’essence de l’art, » a-t-il un jour affirmé. « Et la virtuosité donne au compositeur les ailes pour s’élever au-dessus du quotidien et de la banalité. »

Une dizaine d’années plus tard, Camille Saint-Saëns était considéré en Angleterre comme le plus grand compositeur français vivant. C’est à la demande de la Royal Philharmonic Society qu’il composa sa Symphonie n°3. Le public namurois appréciera de découvrir ce qui fait la particularité de cette composition : l’utilisation ingénieuse des claviers. En effet, outre le piano joué à deux et à quatre mains, la partie orgue est fortement mise en avant. Le motif musical est bâti sur la séquence grégorienne du Dies irae de la Liturgie des morts. Franz Liszt venait de disparaître. Camille tint à dédier sa Symphonie n°3 à son vieil ami…

Grand Manège - Namur Concert Hall, Rue Rogier, Namur, Belgique

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